Au cours d’un voyage, d’un repas de famille, ou d’un pic-nic, il est fréquent de voir des personnes tendre un morceau de nourriture à nos chiens. Dans les parcs animaliers, les zoos, ou même en ville avec les pigeons, l’humain plein de bonnes intentions aura tendance à laisser de la nourriture à disposition des animaux sauvages. Pourtant, cela n’est pas sans conséquences. Pourquoi ne faut-il jamais nourrir un animal, sauvage ou domestique ?
Animaux sauvages : nourrir ou ne pas nourrir ?
Faut-il nourrir les animaux sauvages ? Singes, oiseaux, canards, cygnes, pigeons, plantigrades ou cervidés, les animaux sauvages sont nombreux et parfois plus proches de nous que nous ne pourrions le croire. Nous les retrouvons dans nos montagnes et forêts, mais également dans les parcs animaliers, zoos, parcs régionaux ou nationaux, réserves naturelles ou encore nos jardins.
Respecter les panneaux
Dans la plupart des parcs nous pouvons voir des panneaux indiquant « merci de ne pas nourrir les animaux sauvages ». La consigne est simple et pourtant souvent ignorée voir carrément dénigrée. De nombreuses personnes persistent à nourrir les animaux sauvages, laissant traîner de-ci de-là des bouts de sandwichs, des miettes de pain, ou des restes de pic-nic. Pourtant, il suffirait de respecter ces indications pour éviter de nombreux problèmes. Les panneaux sont là pour demander de ne pas nourrir les animaux sauvages. Mais ils n’en expliquent souvent pas les raisons. Elles sont simples, évidentes pour certaines, moins pour d’autres.
Les 3 explications principales :
1. Conserver l'indépendance des animaux sauvages
Les animaux sauvages sont sensés pouvoir se nourrir par eux-mêmes, notamment dans les réserves naturelles, parcs ou jardins. Nourrir les animaux sauvages c’est intervenir dans l’équilibre du milieu naturel. La recherche de l’alimentation prend une grande part de la journée d’un animal sauvage, et joue un rôle important dans la reproduction des espèces. Les nourrir les rends plus dépendants, modifiant leurs habitudes et leur comportement, impactant leur reproduction et le cycle naturel.
Quelques exemples :
- Dans nos jardins, mettre des graines aux oiseaux toute l’année c’est leur apporter de la nourriture « facile ». Ils chasseront alors moins moustiques, araignées et autres insectes, et leurs jeunes n’apprendront pas à chasser.
- En forêt, mettre du grain aux sangliers c’est augmenter leur reproduction. Ils seront chassés ensuite pour « réguler ».
- Les singes développent des problèmes sociaux et physiologiques lorsqu’ils ont pris l’habitude d’être nourris.
2. Ne pas bouleverser leur régime alimentaire
La deuxième raison a également son importance. Nourrir un animal sauvage c’est modifier son régime alimentaire habituel. Cela peut fortement nuire à sa santé, non seulement par l’aliment absorbé, trop différent de ce que l’animal peut trouver dans son milieu naturel, mais également par la transmission de germes porteurs de maladies.
Les singes mangent habituellement des champignons, racines, glands, écorces, graines, insectes, chenilles, feuilles, fruits et légumes. Comment sera assimilé le sandwich qu’on lui laisse ?
Les canards se nourrissent d’algues, plancton, herbes, petits poissons et insectes pour certains. Le pain blanc est extrêmement nocif pour eux, provocant un mauvais développement de leurs os et de leurs ailes. Connu sous le nom « d’ailes d’ange », cette malformation empêche l’animal de voler, le condamnant.
De plus, la nourriture non consommée, lancée aux cygnes et canards, détériore la qualité de l’eau, par les bactéries qu’elle transporte. Cela nuit alors à tous les animaux aquatiques, pouvant provoquer des hécatombes.
3. Éviter les conflits sociaux
Une étude menée dans le parc du Serengeti au Kenya a mis en avant le fait que les babouins, passant moins de temps à la recherche de nourriture car nourris par les visiteurs, étaient plus sujets aux conflits sociaux et par conséquent à pathologies.
En effet, le temps passé à la recherche de nourriture étant moins important, ils l’occupaient à des activités moins vitales, générant des problèmes hiérarchiques. Résultats observés : ulcères, hypertension, cholestérol…
Il est facile d’imaginer qu’il en est de même pour de nombreuses autres espèces d’animaux sauvages.
Animaux domestiques : nourrir ou ne pas nourrir ?
Faut-il nourrir les animaux domestiques ? Chiens, chats, chevaux, chèvres, animaux de la ferme, lapin domestique, autre NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie), pourquoi ne faut-il pas les nourrir sans instruction de leurs gardiens humains ?
Respecter les panneaux
Tout d’abord, comme pour les animaux sauvages, il est fréquent de voir sur les clôtures des parcs des équidés, ongulés ou animaux de ferme, un panneau indiquant également « Merci de ne pas nourrir les animaux ». Ces panneaux ne sont pas là pour faire joli ! Si le propriétaire des lieux a pris la peine de l’installer, c’est qu’il a de bonnes raisons de le faire.
Les 2 explications principales :
1. Éviter de bouleverser le régime alimentaire
Contrairement à ce que beaucoup pensent encore, les chevaux et ânes ne mangent pas de pain sec. Enfin si, ils le mangent parce qu’ils sont gourmands, mais c’est loin d’être adéquat pour leur organisme. Tout comme les viennoiseries, déchets de tontes ou épluchures de fruits ou légumes. Les risques : obstruction œsophagienne, colique, avec décès possible de l’animal.
Il en va de même pour les autres animaux domestiques ou animaux de ferme. Sans le connaître, nul ne peut savoir si l’animal souffre d’une certaine maladie impliquant un régime strict. Dans le doute, abstenons-nous de nourrir un animal que nous ne connaissons pas.
Concernant nos chiens, encore trop d’idées reçues persistent : les chiens finissent les restes de table, un chien ça mange de tout, « dans l’temps y’avait pas toutes ces croquettes », « mon grand-père a toujours nourri ses chiens comme ça et ils ont tous vécu plus de 20 ans ! » et autres affirmations, dangereuses aujourd’hui. Non, un chien n’est pas un ramasse-miettes. Non, il ne peut pas tout digérer. Oui, il peut aussi être sujet à pathologies lui imposant un régime particulier. Oui, il existe des aliments fortement toxiques pour les chiens.
2. Prévenir les risques allergiques
Ainsi, afin de prévenir les risques allergiques en réaction à un type de nourriture non toléré par l’animal, mieux vaut s’abstenir de lui donner quoi que ce soit.
Les réactions en chaîne peuvent être fortement désagréables pour l’animal comme pour son gardien. Quelles soient physiques, par la douleur ressentie par l’animal, émotionnelles par le stress engendré en cas de problèmes de santé voir décès de l’animal, ou encore financières de part les frais vétérinaires engagés, qui peuvent vite se compter en milliers d’euros selon la taille de l’animal.
Demander l'autorisation
Dans tous les cas, même si cela part d’une bonne intention, il faudra toujours demander son autorisation au gardien humain avant de nourrir son animal.
S’il n’est pas présent, abstenez-vous. Ce n’est pas parce que vous ne le croisez jamais qu’il ne vient jamais voir ses bêtes. S’il est présent et qu’il vous demande de ne rien leur donner, ou si un panneau est placé sur la clôture, respectez les instructions.
Et si, au cours d’un pic-nic, vous tendez un morceau de saucisson à un chien et que son gardien se précipite vers vous en s’écriant « NonNonNon ! », ayez la décence et le respect de retirer votre main avant de demander les explications. Elles vous seront données avec plaisir sans générer de stress supplémentaire.
Cela peut être :
- Parce que le chien a un régime strict, lié à certaines pathologies,
- Parce qu’il est sujet aux allergies alimentaires,
- Par éducation, pour éviter qu’il réclame à table ou auprès de tous les invités,
- Par sécurité, pour éviter qu’il chipe de la nourriture dans la main d’un enfant,
- Etc…
Les animaux ne sont pas des poubelles de table
En résumé, nous pouvons dire que les animaux, sauvages ou domestiques, ne sont pas des « poubelles de table » destinés à faire disparaître les restes de repas. Les vraies poubelles sont là pour ça, ou encore le compost pour certains aliments.
Si vous souhaitez faire plaisir à un animal domestique, qui vient vous voir derrière sa clôture, une simple caresse et quelques instants à ses côtés seront amplement suffisants, et surtout sans risque pour lui. Quant aux chiens, certains n’aiment pas être caressés. Demandez également à son gardien. 😉
Si vous souhaitez voir des animaux sauvages, le temps et la patience vous apporteront de plus beaux souvenirs et de meilleures photographies que des appâts de nourriture pour les voir s’approcher plus prêt.
Respectons la Nature et son cycle naturel.
Votre chien est-il sujet aux allergies alimentaires ? Racontez-nous en commentaires. 😉
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